Collège Arc en Ciers (défi aller)

Pour préparer la rencontre avec les élèves de 4ème B du collège Arc en Ciers,  j’ai lancé un petit défi d’écriture.

 

Une situation initiale : Peiròt, le personnage de Caminar, veut organiser une randonnée avec Jeannette dans la vallée de l’Ossau, mais les parents de Jeannette ne doivent pas l’apprendre. Une forme : Un dialogue de 15 lignes minimum et trois contraintes d’écriture au choix. Les élèves ont relevé le défi de belle manière. Lisez plutôt.

1ère possibilité : Peiròt et Jeannette communiquent par courriel. Problème : Le clavier de Peiròt est défectueux, la touche A ne fonctionne plus. Donc interdiction d’utiliser la lettre A (par solidarité, Jeannette décide de ne pas l’utiliser non plus).

La proposition d’Alexis et d’Anthony avec un beau lipogramme en A (l’ajout du @ est de moi, mais on avait le droit, ce n’est pas un A après tout !).

P@J : Très chère J. Comment te portes-tu ? Je te propose d’écrire sur un courriel pour continuer de discuter secrètement. Nous nous nommons en pseudonyme pour que nos noms restent secrets. Je veux te proposer une idée, réponds-moi vite.   P.
J@P : Très cher P. Je me porte très bien merci. Et toi P., comment te portes tu ? Je pense que ton idée de pseudonyme est bonne. Merci pour cette solution pour que nos mères et pères ne voient ce courriel. Donc quelle est ton idée ?   J.
P@J : Chère J. Je me porte sur mes pieds… ;-)… je suis content de cette vitesse de réponse. Je te propose une excursion sur le chemin vertigineux. Quelle heure désires-tu pour cette sortie ?   P.
J@P : Cher P. Ton humour est très drôle, je suis un peu déçue que tu l’utilises si peu souvent. Discutons de l’heure, 14h30 est bien. Pourquoi ? Pour mon excuse, cette heure est excellente : c’est le moment de mon cours de gym !   J.
P@J : Super ! Nous pouvons sortir sur ce chemin si vertigineux si merveilleux, ensemble.   P.

2ème possibilité : À l’aide d’une sarbacane, Peiròt et Jeannette se lancent des boulettes de papier par-dessus le mur du jardin où les parents de Jeannette préparent un barbecue. Problème : Les Post-it coupés en deux utilisés pour confectionner les boulettes de papier ne peuvent contenir plus de 10 mots à la fois (de plus, une boulette tombe dans le barbecue allumé).

La proposition de Marie-Hélène (avec quelques libertés prises sur la contrainte des 10 mots, mais sur la longueur proposée, ce n’était pas facile de s’y astreindre).

Jeannette : Peiròt, c’est toi qui as lancé une boulette ?
Peiròt : Bien sur, qui veux-tu que ce soit ?
J : Je l’ai reçu dans la joue, ça fait mal !
P : Heureusement que c’est toi. Si ç’avait été ton père…
J : Elle a failli tomber dans le barbecue. C’est trop dangereux.
P : Je vais faire attention, promis. Tu as pu lire alors ?
J : C’est compliqué mais j’ai réussi. Papa me surveille.
P : Je sais, mais c’est important. On la fait cette randonnée ?
J : Tu sais que je dois cacher cette randonnée aux parents !
P : Oui, je sais. Ce qu’a fait mon père, c’est nul !
J : Ce qui est nul, c’est qu’on doit se cacher !
P : C’est pas juste. Mais j’aimerais tellement voir la vallée avec toi !
J : Ce ne sera possible que si on part le soir.
P : On ne verra rien. La vallée est belle le jour !
J : Comment veux tu faire alors ? Tu as un plan ?
P : Il faut réfléchir Jeannette. Partir la nuit, c’est l’aventure.
J : Mince, une boulette est tombée dans le barbecue de Papa.
P : Ah mince. J’avais écrit un plan. Il l’a vu ?
J : Non heureusement. Mais tu avais écrit quoi au juste ?
P : Qu’il fallait réfléchir Jeannette. Partir la nuit, c’est l’aventure.
J : Au pire, partir à 7 h, ça te va ?
P : Très bien.
J : Et on fait un feu de camp dans une clairière ?
P : Ce serait super. Ecoute Jeannette, on réfléchit à cette idée ?
J : Pas de soucis. On se voie dans notre endroit secret ?
P : Je veux bien. Demain matin vers 7 h?
J : Pas de problème. Génial. Bonne soirée Peiròt. A demain.

3ème possibilité : Grâce à un numéro masqué, Peiròt se fait passer pour un camarade qui doit répéter sa pièce de théâtre avec Jeannette au téléphone. Problème : Les parents de Jeannette se doutent de quelque chose et écoutent la conversation. Peiròt et Jeannette sont obligés de parler en vers (et en alexandrin, si vous êtes vraiment très fort !).

(C’était une contrainte difficile à suivre, surtout si on tentait les alexandrins, mais les filles s’en sortent bien)

La proposition de Justine.

Peiròt :
Ma chère Juliette, je vous donne rendez-vous
Moi Roméo, je vous attends dans la vallée
A l’endroit où tout a commencé avec vous
Juliette, je vous attends pour une randonnée
Demain, tous les deux dans la vallée de l’Ossau.
Jeannette :
Mon Roméo, quoi de bon qu’être entre nous
Mon grand amour, je vous attends près du ruisseau.
Peiròt :
Êtes-vous sûre que vos parents ne se doutent de rien ?
Jeannette :
Je pense qu’ils se doutent de quelque chose entre nous.
Peiròt :
Nous allons donc raccrocher, nous nous verrons au matin.

Et la proposition de Lucie (qui m’a à son tour lancé un défi, nous en reparlerons).

Peiròt :          Madame, accepteriez-vous de m’accompagner ?
Jeannette :   Mais où ça, mon noble et charmant damoiseau ?
Peiròt :          Eh bien, à la forêt, pour marcher et parler.
Jeannette :   J’accepte vôtre aimable requête, mon très cher Peiròt.
Peiròt :          Jeannette, vous m’en voyez ravi, gente damoiselle.
Jeannette :   Que de flatteries ! Dommage qu’elles soient assez rare…
Peiròt :          Serait-ce une demande de compliment, ma belle ?
Jeannette :   Peut-être… enfin, de toute façon, il se fait tard.
Peiròt :          Bien, alors c’est d’accord. Je vous verrai demain.
Jeannette :   Parfait. Je vous retrouverai à l’ombre d’un pin.

 

Bravo à toutes et à tous !

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